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Au PPM le linge sale ne se lave plus en Famille

Publié le mercredi 21 mars 2001

 L'information est tombé comme une bombe dans la classe politique martiniquaise…
Dans une lettre de cinq pages adressées aux membres du Parti Progressiste Martiniquais, Rodolphe Désiré (PPM), Sénateur-maire du Marin et élu au Conseil Général explique pourquoi il ne votera pas pour Claude Lise à la présidence de l'assemblée Départementale vendredi 23 mars.

Rodolphe Désiré pour éviter toute ambiguïté essaie de donner en préambule un caractère purement politique à sa déclaration : " La Martinique va vivre ces quatre prochaines années une période cruciale de son histoire. Elle devra se déterminé quant à son avenir institutionnel. Cela découle de la Loi d'orientation qui institut le Congrès dont le rôle unique est de permettre aux assemblées territoriales de discuter ensemble de propositions tendant à une évolution
du statut social dans le cadre de la République. Le Congrès est une chose, mais on ne peut faire semblant d'ignorer que le problème a été posé d'une autre manière et plus clairement par la déclaration de Basse-terre. Autrement dit le congrès n'est pas une fin mais un commencement. La déclaration de Basse Terre est un commencement.
Dans cette période délicate et probablement historique, la Martinique n'a pas besoin
d'hommes ambigus, " ondulants ", certains disent " subtiles ". La Martinique a besoin d'hommes politiquement honnêtes, sans détours, clairs, n'érigeant pas la rancune en
principe et fidèle à leur option et à leur déclaration politique ".
Par ailleurs il précise que compte tenu du fait des brillantes victoires PPM aux élections municipales et cantonales et aussi que la transition du retrait d'Aimé Césaire se passe sans encombre plus rien ne l'empêche de dire à voix haute ce qu'il pense du comportement de Claude Lise. 
Ces critiques à l'encontre de Claude Lise gravitent autour de trois grands axes, à savoir : la pratique politique , la ligne politique et la gestion du Conseil Général . 
Pour ce qui est de la pratique politique, il écrit que " c'est grâce au sang froid de Camille DARSIERES et de lui même que Claude LISE a pu être élu Vice Président en 1989… Son
Comportement avait été tellement irresponsable qu'il a faillit faire échouer la prise en
main du bureau du Conseil Général par la gauche majoritaire. "
Il indique qu'aussi qu'en 1992, au moment où l'on tenait Camille DARSIERES pour responsable de la faillite de la région, Claude LISE devenu entre temps président du Conseil Général : " n'a pas levé le petit doigt pour aider Camille DARSIERES. Bien au contraire, celui ci n'a eu droit qu'à des commentaires acerbes et injustes de sa part.
Ses attaques sont plus virulentes lorsqu'il évoque " le sort réservé à l'ODTM ".
Il dit que l'on peut affirmer sans crainte que l'office du Tourisme de la Martinique a été littéralement torpillé par Claude LISE.
Pour justifier ses propos il s'appuie sur le montant des subventions versées à l'ODTM par le Conseil Général qui n'a cessé de diminuer durant sa présidence. Selon lui la raison de cet était de fait est que Claude LISE éprouve la plus grande réticence à s'asseoir autour d'une table pour discuter de l'avenir du Tourisme, comme de l'avenir de la Martinique avec Alfred Marie Jeanne. Il estime que le contrôle de la Cour Régionale des comptes de 1997 a probablement été téléguidé. " Je ne citerai personne. Mais je peux affirmer que j'ai découvert, avec stupéfaction que c'est le service de communication du Conseil Général qui orientait les médias de manière pressante sur les démêlés de l'Office avec la Cour des Comptes.
En ce qui concerne la ligne politique, il écrit qu'il a eu l'occasion d'entendre de ses deux oreilles, au cours d'un repas avec les parlementaires de l'Outre Mer, Claude LISE déclarer aux parlementaires réunionnais, que " le Congrès était destiné à verrouiller les autonomistes martiniquais. " Rodolphe Désiré trouve ces propos totalement scandaleux : " lorsqu'on connaît les idées défendues par le PPM. "
Il dit ne pas vouloir s'étendre sur la gestion du Conseil Général, mais la compare aux démocraties populaires avant la chute du mur de Berlin.
Au terme de sa déclaration, il met en relief son devoir de citoyen martiniquais honnête. 
" Il est évident que ma position n'engage pas le PPM. Parti dont j'ai toujours apprécié la
la liberté d'expression et qui a toujours été contre le culte de la pensée unique… 
Pour toutes ces raisons, je me porte candidat à la présidence du Conseil Général de la Martinique, pour participer à la rectification des méthodes de l'équipe sortante et mettre en place un Direction plus collégiale, plus respectueuse des élus, plus ouverte sur l'extérieur et sur les préoccupations des collectivités martiniquaises, enfin, plus déterminée à faire avancer notre Martinique."