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La dernière grande fête pour Loulou

Publié le mercredi 21 mars 2001
La dernière grande fête pour Loulou 3

 Les obsèques de Loulou Boislaville se sont déroulées le 18 mars à 15 heures en l'Eglise de Sainte-Thérèse à Fort de France. Le public s'est déplacé en masse pour la cérémonie religieuse, mais aussi pour la fête qui lui a été offerte sur le Boulevard Général de Gaulle.

" Man Lé Mô En Samedi Bon Matin, Entéré Mwen Dimanch Apré Midi "
Cette phrase c'est Loulou Boislaville qui l'a dit dans la dernière chanson qu'il a enregistré, " Ti Lucien ", sous la direction de Serge Bilé. C'est à croire que notre Loulou national avait senti son heure venir. 
Il est vrai qu'il n'est pas mort un samedi matin, mais il a bel et bien été enterré un dimanche après-midi. Un désir exaucé !

Les veillées à l'Atrium
A l'image des grands hommes qui ont tant fait pour leur patrie, Loulou Boislaville a été exposé à l'Atrium, dans le hall du Centre Départemental Culturel. Les martiniquais sont venu très nombreux rendre hommage à celui qui contribua à la renommée de la danse traditionnelle martiniquaise de par le monde. Des membres de la famille, des amis musiciens, du monde de la danse, des politiques mais aussi des anonymes se sont déplacés. Le soir, l'heure n'était pas aux veillées habituelles, l'heure était à la fête. De nombreux artistes sont venus chanter, mettre de l'ambiance, ce qui correspondait plutôt à la nature de Loulou. Pas de pleurs, de larmes mais de la joie. Pendant ce temps, le livre de condoléances recueillait les émotions, les petits messages d'affection et de remerciements. Messages que chacun réussissait à inscrire après de longues minutes d'attente. 

La cérémonie religieuse
L'église paroissiale de Sainte-Thérèse était trop petite pour accueillir les milliers de personnes qui étaient venu assister à cette cérémonie. De mémoire de paroissien, cela faisait longtemps que l'on avait vu autant de monde pour un enterrement, beaucoup on dû suivre la cérémonie du parvis. Au 1er rang, le Préfet Mlichel Cadot. Ce dernier dans un communiqué affirmait avoir perdu un ami et confiait que c'était grâce à Loulou Boislaville, que son épouse et lui avait pu connaître et apprécier la musique traditionnelle martiniquaise. La cérémonie a été officié par le Père Elie, il a tenu à rappeler à quel point l'homme était proche de tous, que tous les enfants étaient ses enfants et surtout, le combat qu'il avait mené pour faire rayonner la culture martiniquaise au delà de son île. Simone Zamord, chanteuse martiniquaise a lu un très long discours, pour retracer le parcours de l'artiste, ses engagements, et son amour du pays. Puis les chorales ont entamé plusieurs requiem, la chanteuse Gertrude Senin a entamé un chant repris en chœur par les milliers de présents dans l'Eglise.

La fête à Fort de France
Après la cérémonie religieuse, un cortège s'est formé à la place François Miterrand, en face de France Antilles. 
Tout le long du boulevard Général de Gaulle, des martiniquais, petits et grands attendaient le passage du cortège. On se serait cru un jour de carnaval. Comme un Mercredi des Cendres, les habits étaient plutôt de couleurs sombres, certaines femmes arborait leur tenu en madras, ou des têtes calendés.
Dans le cortège on a pu voir de nombreux groupes folkloriques, mais surtout le Grand Ballet de Martinique, le bébé de Loulou. La groupe mené par Léandre Moreau, directeur et Suzon Sainte-Rose avait promis une belle fête pour celui qui jusqu'à son dernier souffle les a conseillé, aiguillé. Il y a eu de la danse, de la musique avec un groupe composé de fidèles amis : Gisèle Baka, Sylvanise Pépin, Maurice Alcindor, Jean-Claude Duverger et bien d'autres. Tous ont repris en cœur les biguines et ritournelles de Loulou. Ensuite vint le convoi mortuaire, salué à l'unanimité par la foule applaudissant. La foule qui a aussi applaudi Simone, l'épouse, la confidente, très digne et souriante qui faisait des signes de la main, pour remercier ceux qui la saluait d'avoir manifester tant d'amour à son mari.
Les gerbes, les fleurs, les bouquets n'ont cessé d'être présents sur tout le parcours. Toutes les municipalités ont fait ce dernier geste, les associations, les collectivités ou encore des particuliers.
La Martinique n'a pas laissé partir Loulou Boislaville par la petite porte !