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Athanase Jeanne-Rose porté triomphalement à la tête de St Joseph

Publié le jeudi 12 avril 2001
Athanase Jeanne-Rose porté triomphalement à la tête de St Joseph

 Jamais l'expression " Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître " n'a été aussi justifiée.
A 47 ans, Athanase Jeanne-Rose ignorait tout de la politique. En quelques mois, il réussit une campagne exemplaire. Et en ce début de IIIe millénaire, il est l'égal des grands maires de la Martinique. Retour sur une marche triomphale : 3 septembre 2000. Entouré des membres de l'Entente démocratique, cet employé municipal des services techniques en congé sans solde annonce sa candidature à la Mairie. Il est bien décidé à l'emporter. 
Ce n'est pas une candidature de témoignage. 
Mieux : ceux qui, comme le maire en place, croient à une candidature d'opérette sont en train de commettre une erreur majeure. Avec ses dizaines de réunions publiques, de quartier en quartier, méthodiquement, systématiquement, " Tanon " s'impose.
Tanon ? C'est une autre trouvaille. Ce diminutif devient un signe de ralliement. 
Les Joséphins se reconnaissent en cet homme qu'ils croisent depuis 28 ans qu'il travaille à la Mairie. Ils se souviennent de celui qui rendait concrètes les promesses d'Émile Maurice. " Tanon, c'est à nous - Tanon, cé ta nou " : le slogan fait de l'effet.
De jour en jour, les encore administrés de Raymond Saffache, le maire trop sûr de lui, s'habituent à cette grande carcasse rassurante. Tanon est des leurs. Le sortant est peut-être directeur d'école mais son bilan se voit attribuer un zéro pointé. Les diplômes n'y font rien. Athanase Jeanne-Rose n'est sans doute pas un intellectuel patenté. Il a la sagesse du cœur et l'intelligence pratique. 
Rien ne l'arrêtera désormais. Au 1er tour, il arrive premier, devant Yan Monplaisir, chef d'entreprise d'envergure (avec lequel les relations sont pacifiques). Surtout, le maire n'est que troisième. Une formule jaillit : le sortant n'est plus que le sorti. Les électeurs lui ont signifié que ses grands airs (ou ce qui passe pour du mépris) leur ont déplu. 
Il a beau se retirer en faveur de M. Monplaisir, les jeux sont faits.
Au 2e tour, " Tanon " l'emporte avec 200 voix d'avance. Les urnes ont donné une leçon de politique et de morale. A l'un la Mairie, à l'autre - Yan - la victoire aux cantonales. 
Les Joséphins ont fait savoir qu'ils voulaient un premier magistrat de terrain, proche d'eux, à plein temps et qu'ils confiaient à un entrepreneur le soin de les représenter au Conseil général. Message implicite aux deux hommes : travaillez ensemble.
Reprenant une formule célèbre, " Tanon " lançait dans son premier discours de Maire : " Enfin, les difficultés commencent ! " Il aura besoin de toutes les compétences pour les surmonter.