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Toyota ou Roger Albert : Plus Jamais ça !

Publié le mardi 17 octobre 2000

 Le ministère de l’outremer a financé une session de travail sur ce thème réunissant plusieurs acteurs du dialogue social en Martinique. Les travaux se sont achevés après une durée de 30 jours à Lyon le vendredi 13 octobre.
Les Martiniquais ont tous en mémoire deux conflits sociaux qui ont secoué l’île : celui du CCIE Toyota (Mai-Novembre 1999) et celui de Roger Albert. Dans les deux cas, patrons et syndicats n’étaient pas sur la même longueur d’ondes et les négociations n’ont pu aboutir qu’aux termes de plusieurs semaines de tractations, et parfois même de nombreux barrages prenant en otage les usagers de la route. C’est pour essayer d’éviter que ce type de conflit ne se reproduise que l’INT : l’Institut National du Travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle a organisé cette session de formation au dialogue social, une session financée par le ministère de l’outremer. Pendant 30 jours, plusieurs dizaines de personnes : des chefs d’entreprise et leaders syndicaux ainsi que des fonctionnaires ont échangé sur le thème : Quel dialogue social à la Martinique ? 

Le sol martiniquais étant encore peut-être dans les esprits « le champ de bataille », l’INT a eu l’excellente idée de délocaliser les débats. Les acteurs du dialogue social martiniquais ont ainsi été mis en terrain neutre : une semaine à l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin au mois d’avril, une semaine à Saint-Domingue au mois de mai, mais aussi des séjours au Québec et en Espagne avant de se retrouver à Lyon.
Et l’initiative méritait le déplacement puisque ces longues séances de travail ont permis aux différents acteurs de se parler, d’échanger. Pour Louis Maugée de la CGTM ( Confédération Générale des Travailleurs Martiniquais) cela a permis de vaincre des appréhensions, et la formule du tutoiement a permis de décrisper les esprits. Pour Patrick Fabre le vice-président du MEDEF, beaucoup de pistes ont été analysées afin d’améliorer le dialogue social et il reste donc à valider ces pistes.
Pour le secrétaire d’état à l’outremer Christian Paul qui a clôturé les travaux le vendredi 13 octobre à Lyon, cette démarche devait être faîte. L’occupant de Médétom s’est dit même prêt a réitérer la formule pour les acteurs sociaux de la Guadeloupe ou encore de la Guyane si des demandes pressantes lui parvenaient.
Aucune conclusion n’a été présentée à Lyon, cela sera fait les 6 et 7 décembre prochain au Palais des Congrès de Madiana en Martinique.
Pour lors, toutes les bonnes résolutions qui ont été prises sont sans doute encore dans les esprits, mais une chose est sûre ce n’est que lors des prochains conflits que les Martiniquais verront l’efficacité ou non de cette session de travail.